police est pret

Publié le par henry padovani

Police est prêt.

Nous étions prêts. Tous les jours nous nous retrouvions chez Stewart, avec ou sans le bébé Jo. Quoi qu’il arrive, on attendait le premier concert avec impatience. C’est  Miles, le frère de Stewart, qui va nous donner la première occasion. Miles avait des bureaux à Dryden Chambers, juste à coté d’Oxford street,.Je me souviens d’une image de Miles, qui travaillait à des papiers dans son bureau avec des mitaines aux mains car il y faisait très froid. Miles avait déjà pris sous son aile des groupes comme les Cortinas, Chelsea  et venait de signer Squeeze. Dans le même building, il y avait aussi des bureaux pour Sniffing Glue, un fanzine punk que Mark.P faisait. (P pour Perry). Il y avait toutes les news qui nous intéressaient .Mark était en train de monter son propre groupe Alternative TV. Il n’avait rien foutre de nous. Miles, pareil. Il  avait déjà à faire avec les vrais punks et nous regardait comme des imposteurs. En tous cas, il voyait  Sting et Stewart de cette façon. Le fait qu’on ait réussi à faire tout seuls, comme des grands, notre propre single lui avait plu. On ne peut pas dire que ça l’avait impressionné mais je crois qu’il avait apprécié l’effort et la gnaque. Avec Miles, et je connais bien Miles, la gnaque et le moindre coût, ont toujours été des facteurs importants dans la réussite d’un groupe. Je suis persuadé qu’il n’a pas tort et il a toujours montré lui-même l’exemple. Cette façon d’approcher le business a permis à Police de faire un contrat très lucratif avec A&M lorsqu’ils ont signé pour la première fois, Miles choisissant plus de points à une grosse avance et il les a ainsi rendu très riches très rapidement.
Miles avait eu l’idée de faire venir des groupes américains en Angleterre. C’était son boulot, après tout. Conseillé par Mark.P, il réalise que la new york new wave  jouit d’une grande aura ici et qu’il peut monter facilement une tournée. Tous les punks écoutent la compilation du Max Kansas City où on découvre Richard Hell, Television, JohnnyThunders and the Heartbreakers, Blondie, Wayne County and the electric chairs , Cherry Vanilla, etc etc … En plus, il pourrait sortir certains de ces groupes sur son label, Illegal records.
Cherry Vanilla était une branchée de la scène Andy Warhol dans les années 60 et elle avait été l’attachée de presse de David Bowie. Miles avait réussi à convaincre Cherry Vanilla de venir sans section rythmique (basse et batterie) car elle pouvait facilement en avoir une ici. Il pensait à Stewart et Sting. De cette façon, il économisait des billets d’avions et hôtels pour 2 personnes et il refilait la première partie de Cherry Vanilla à Police. Idée géniale. Comme souvent avec Miles. Miles a toujours aimé cette idée. Combien de fois dans le futur avec IRS ou Zucchero, je l’ai vu essayer de vendre cette idée aux groupes. Pas évident mais les économies le sont. Et lorsqu’il n’y pas de choix ou d’alternative, faut le faire. Pour nous, c’était l’aubaine. Sting et Stewart prenaient des tunes pour jouer avec Cherry et nous on récupérait l’opportunité de jouer. Je ne rappelle pas si Police recevait de l’argent pour le set qu’on faisait avant Cherry... Quoi qu’il en soit le peu d’argent que j’aurai pu gagner à cette époque aurait fini invariablement en bière. Cherry est arrivée avec un guitariste Louis et un pianiste Zecca. Louis sortait avec Cherry qui devait avoir 10 ans de plus que lui. Elle était plutôt pas mal et sexy ...Elle avait du être un grand canon... En tous cas, ça économisait une chambre et Miles était content. Zecca était gay, porto ricain et jouait super bien. Louis et Zecca étaient de super musiciens. Le set de Cherry était peut être plus théatral que rock pour le punk rocker que j’étais. Elle mettait le paquet sur la provocation sexy. Ayant dit tout ceci et toutes choses considerées, c’était une personne extremement agréable and j’ai apprécié chaque moment de notre courte rencontre. C’était plutot dur pour Stewart et Sting de jouer 2 shows par soirée, mais ils jouaient le jeu et comprenaient l’enjeu. De toutes façons, on est tombé d’accord. Ils feraient 2 sets par soir. Commence une série de répétition pour Cherry et sa nouvelle section rythmique.

Nous, on avait 10 chansons et on les a fait en exactement 17 minutes. Le genre de concert où chaque chanson s’imbrique dans la suivante, ne laissant au public ni le temps d’applaudir ou de nous huer. C’était d’ailleurs l’attitude à avoir .Tous les groupes punk faisaient pareil. Seul jouer et provoquer était important. Attendre les applaudissements était véritablement nul et  aussi vieux jeu… Bien au contraire, si on vous appréciait, on vous crachait dessus. J’embrassais toute cette philosophie. J’avais changé.
Avoir 24 ans et vivre cette aventure était un cadeau des dieux. Je n’avais peur de rien.
Je connaissais tout Londres et tout Londres me connaissait. J’étais le corse. Le guitariste Corse. Je n’avais plus besoin d’attendre que quelqu’un me sorte. Je n’attendais plus Stewart.

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